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samedi 28 novembre 2009

Le Nestlégate repartira pour un tour devant la justice pénale

MICHAËL RODRIGUEZ

VaudESPIONNAGE - Un militant brésilien a décidé de déposer plainte contre Nestlé et Securitas. Il aurait été espionné et enregistré à son insu.
Le dossier du Nestlégate devrait bientôt ressortir du tiroir où la justice pénale l'avait rangé. Franklin Frederick, militant engagé contre la privatisation de l'eau au Brésil, portera plainte contre Nestlé, Securitas et une taupe travaillant pour le compte de la multinationale. Il estime avoir été espionné, enregistré à son insu et fiché au moyen de rapports sur ses activités. Les faits se seraient déroulés au moins jusqu'en 2006, soit à une période où Securitas affirmait ne plus mener d'opérations d'infiltration.

Conciliation avortée

La décision de porter plainte a été annoncée hier matin après l'échec d'une audience de conciliation devant la Justice de paix de Vevey. Franklin Frederick et son avocat, Michel Chavanne, demandaient à Nestlé de s'engager à ne plus avoir recours à l'espionnage et de verser une indemnité symbolique de 4000 francs. Mais l'avocat de Nestlé, Christian Fischer, a refusé d'entrer en matière. Le militant altermondialiste a donc décidé de porter plainte, notamment pour violation de la protection des données.
Ce rebondissement fait suite à la publication, il y a un mois, d'un livre sur le Nestlégate. Dans «Affaire classée», le journaliste Alec Feuz pointe les défaillances de l'instruction pénale. Au motif que les faits étaient prescrits, parce que remontant à plus de trois ans, le juge d'instruction cantonal Jacques Antenen avait classé la plainte d'Attac.
En revanche, la procédure civile est encore en cours. Les neuf militants d'Attac, qui avaient été infiltrés par une agente de Securitas répondant au pseudonyme de Sara Meylan, demandent chacun 3000 francs et la publication du jugement dans la presse.


Rapport confidentiel

Ce qui a relancé le combat pénal? D'abord un document, déniché par la police vaudoise dans le disque dur d'un ordinateur remis à la justice par Securitas. Estampillé «confidentiel», il retrace le déroulement d'une conférence donnée le 10 octobre 2006 à Berne par Franklin Frederick. Sujet: la lutte contre l'appropriation des ressources en eau par Nestlé. Le militant y parle de son combat, en tant que leader du Mouvement brésilien de citoyenneté pour l'eau, contre le captage des sources de Sao Lourenço.
Ses propos y sont retranscrits à la virgule près, affirme-t-il. On y trouve aussi des informations sur quelques-uns des protagonistes de l'événement, parfois agrémentées de photos, ainsi que sur le nombre d'auditeurs et leur moyenne d'âge. Le rapport n'aurait pas été rédigé par Sara Meylan, mais par une autre taupe.
Selon Me Chavanne, l'enregistrement de cette conférence publique tomberait sous le coup du Code pénal. «On n'a pas le droit d'enregistrer quelqu'un à son insu», affirme-t-il. Le Code pénal vise pourtant des «conversations non publiques». Mais pour les adversaires de Nestlé dans cette affaire, il existe certainement d'autres documents, que la justice vaudoise ne s'est pas donné les moyens de trouver.
Au cours de son enquête, Alec Feuz a recueilli des indices montrant que «chez Securitas, au moins un autre ordinateur contient des pièces». Lors de l'instruction, Jacques Antenen avait refusé de perquisitionner chez Nestlé et Securitas.


Nestlé Brésil informé?

Sur la base de certaines coïncidences troublantes, Franklin Frederick soupçonne aussi Nestlé Suisse d'avoir transmis des informations sur son compte à Nestlé Brésil. «Donner des informations comme quoi je suis à tel moment à tel endroit, peut avoir des conséquences graves au Brésil, s'alarme le militant. La situation n'est pas comparable à la Colombie, mais il y règne une certaine violence. D'autre part, le gouvernement de Lula a un rapport très étroit avec Nestlé.» Si la transmission de données à Nestlé Brésil était prouvée, le problème de la prescription tomberait, assure Me Chavanne.
Franklin Frederick et son avocat espèrent que la justice vaudoise se montrera cette fois plus curieuse. Avec la nomination de Jacques Antenen à la tête de la police cantonale, c'est un nouveau juge d'instruction qui héritera de l'affaire. «On peut s'attendre à ce qu'il reprenne l'affaire depuis zéro», lance Michel Chavanne

mercredi 24 juin 2009

Ne pas confondre business et entraide


A propos de l’article intitulé «Roland Decorvet rêvait d’aventure, c’est avec Nestlé qu’il la vit» (24 heures du 16 juin 2009):

Est-il possible d’aider sans bénéfices? Si le travail de l’EPER est mis en question depuis l’élection de Roland Decorvet au sein de son conseil, c’est injuste. Le travail de l’entraide protestante dans les pays du Sud est exemplaire. Il y a consensus incontestable là-dessus, de toutes parts. Donc pas d’affaire EPER-Nestlé à suivre, s’il n’y avait Roland Decorvet qui continue à diffuser des messages ambigus.

En Suisse alémanique, il avait claironné que Nestlé était la meilleure organisation humanitaire qu’il connaisse. Dans 24 heures, il déclare qu’aider sans bénéfices n’est pas possible et que Nestlé est exemplaire en matière d’aide au développement. Il est le directeur suisse de son employeur, rien de plus compréhensible qu’il tienne ce genre de propos. Mais qu’il les tienne dans un portrait qui mentionne la pétition signée par plusieurs milliers de personnes en souci pour «leur» œuvre d’entraide, c’est de la provoc inutile.

C’est surtout une méconnaissance crasse des sensibilités des dizaines de milliers de personnes qui s’investissent depuis de nombreuses années bénévolement pour faire connaître les moyens déployés par l’EPER. Pour aider sans bénéfices autres que ceux en lien avec une meilleure vie accessible à des personnes en difficulté. Pas gratuitement, sans implication des bénéficiaires ainsi soutenus, car il ne s’agit pas d’assistance. Mais sans profit financier pour l’EPER.

Ce qui inquiète probablement les pétitionnaires, c’est qu’il n’y a aucune similitude entre les objectifs d’une entreprise commerciale, quelle qu’elle soit, et une œuvre d’entraide. Comme le terrain d’action peut être le même, il est important d’éviter tout amalgame, dont M. Decorvet devrait s’abstenir.

Doris Agazzi,
Saint-Cierges

QUI DONC POLITISE L'EPER?


ENTRAIDE Georges Richard transmet dans le Courrier quelques réflexions à la suite d'un récent article.

L'article concernant l'EPER, publié par Le Courrier du 17 juin, à la page 1: «Nestlé garde son siège au conseil de l'EPER», et à la page 7: «La Fédération des Eglises protestantes fait bloc derrière l'EPER», provoque chez l'abonné et le lecteur que je suis les réflexions suivantes: 1) Des personnes de «droite» (et qui le revendiquent), comme MM. C. Ruey et R. Décorvet, qui ont été choisis par le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes pour être élus au Conseil de la Fondation de l'EPER ne me paraissent pas avoir de problèmes à conjuguer leur idéologie politique de droite et leur foi chrétienne. Par contre ce qui fait problème pour eux, c'est le fait que l'EPER ait été soutenue pendant des années principalement par des «chrétiens de gauche», de sorte que M. C. Ruey s'est cru devoir lancer un appel sur son site internet pour «sortir l'Entraide protestante du ghetto écolo-socialo-tiers-mondiste»! Qui donc politise l'EPER? 2) Cette situation révèle un trait particulier de presque toutes les institutions politiques, commerciales et ecclésiastiques: elles méprisent la mise en question de leurs décisions par leur base, d'autant plus lorsque celle-ci s'organise et définit sa position par rapport à celle des «représentants» de l'institution (qu'elle n'a jamais élus directement). On a donc là, dans cette attitude de mépris et de riposte qui est celle de la FEPS et de l'EPER une perversion du rapport entre les membres d'une communauté (qui revendique le

qualificatif d'évangélique!) qui s'est laissée aller à adopter l'esprit du siècle, c'est-à-dire le refus d'écouter une interpellation de la base; et de clore le débat en prétendant en avoir le pouvoir! Comment prétendre offrir à notre société sceptique un autre modèle de société fondé dans la suivance de ce Jésus de Nazareth? Une suivance qui coûte terriblement cher à tous ceux qui acceptent son appel. 3) La dernière réflexion que j'offre en conclusion: au lieu de l'EPER, nous pouvons toujours choisir de soutenir Pain pour le Prochain et le Département missionnaire des Eglises de Suisse romande qui sont des institutions qui ont besoin de notre engagement persévérant.
GEORGES RICHARD,

mercredi 17 juin 2009

mardi 16 juin 2009

La FEPS témoigne sa confiance à l’EPER



En réponse à une interpellation concernant la « pétition pour une EPER politiquement engagée et prophétique », le Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) a témoigné sa confiance à l’Entraide protestante (EPER) tout en invitant les Églises membres à ramener le débat sur une voie plus constructive.

Le « comité pour une EPER politiquement engagée et prophétique » a remis sa pétition le 15 juin 2009 à l’Assemblée des délégués. Les pétitionnaires reprochent à l’Entraide protestante (EPER) un « discret changement de cap » et exigent d’elle un engagement politique plus soutenu. L’EPER doit selon eux jouer un rôle de sentinelle prophétique fondé sur une base théologique.

À l’occasion de l’assemblée des délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), le Conseil de la FEPS a répondu à une interpellation de l’Église évangélique réformée du canton de Zurich à propos de cette pétition. Les objets évoqués par les pétitionnaires font déjà partie du travail de l’EPER. Le Conseil de la FEPS regrette cependant que les pétitionnaires se soient d’abord adressés à la presse pour faire connaître leurs exigences. En donnant ainsi une image très unilatérale de l’EPER, ils ont commis des dégâts dont l’ampleur ne peut pas encore être évaluée. Le Conseil de la FEPS souhaite un dialogue constructif et invite toutes les parties à faire preuve de sens des responsabilités dans leur usage de la critique.

Les activités de l’EPER découlent de mandats confiés par l’Assemblée des délégués de la FEPS. Tout changement de cap devrait donc être décidé par les délégués des Églises membres et serait reconnaissable comme tel. Le Conseil de la FEPS appuie l’EPER dans les questions théologiques, éthiques et ecclésiologiques en rapport avec les mandats qui lui sont confiés. La « Stratégie 2008-2012 » de l’EPER prévoit des projets « visant à la promotion de la paix et au règlement des conflits » : le Conseil de la FEPS considère donc que l’EPER est déjà un partenaire engagé politiquement et investi d’une mission prophétique.

Le Conseil de fondation de l’EPER jouit de la confiance du Conseil de la FEPS, qui invite les Églises membres à soutenir l’EPER par tous les moyens possibles.

« L’EPER, c’est nous ! », ainsi que le rappelle Thomas Wipf, président du Conseil de la FEPS : « En tant que représentants des Églises protestantes de la Suisse, nous assumons une part de responsabilité pour notre œuvre d’entraide. Ce n’est pas pour rien qu’elle s’appelle Entraide protestante. Mais une guerre de tranchées par le canal des médias ne rend aucun service à sa cause. »

dimanche 14 juin 2009

samedi 13 juin 2009

Communiqué de presse de l'EPER


L'EPER (Entraide Protestante Suisse) se réjouit du soutien que lui ont
apporté le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse
(FEPS) et l'Assemblée des délégués. Durant la séance de l'Assemblée
d'aujourd'hui, ces instances ont en effet confirmé en termes très clairs
être aux côtés de leur oeuvre d'entraide, exprimant leur confiance dans le
Conseil de fondation et les collaborateurs de l'EPER. L'arrière-plan des
débats était la discussion de la « Pétition pour une EPER politiquement
engagée et prophétique », remise la veille au Conseil de la FEPS et au
Conseil de Fondation de l'EPER.


Le Conseil et l'Assemblée des délégués ont clairement fait observer que le
reproche des pétitionnaires selon lequel l'EPER serait dépourvue de profil
et uniquement orientée vers la croissance ne repose sur rien. Le Conseil
souligne de plus que « la dimension politique fait partie intégrante du
travail concret accompli dans les projets de l'EPER et doit le rester. Dans
ce sens, l'exigence des pétitionnaires est satisfaite par le mandat confié à
l'EPER ». Comme ouvre d'entraide, l'EPER est ancrée dans les Églises et
s'exprime de façon profilée sur les thèmes sociaux et de politique de
développement. Dans ces domaines, elle tire en premier lieu sa légitimité de
ses projets concrets. L'EPER n'a donc connu aucun changement de cap: elle
remplit depuis de nombreuses années les mêmes mandats que lui confie
l'Assemblée des délégués de la FEPS. L'engagement et la défense des droits
des personnes défavorisées et dans le besoin restera le cour de l'action de
l'EPER. A l'instar de plusieurs Églises cantonales, le représentant de
l'Église saint-galloise s'est exclamé : « laissons les nombreuses personnes
engagées sur le terrain et dans le Conseil de fondation faire leur travail.
(.) Nous nous tenons sans réserve aux côtés de notre oeuvre d'entraide ».


En outre, le Conseil de la FEPS rejette le soupçon d'une incompatibilité
entre engagement dans l'économie et engagement au sein du Conseil de
fondation de l'EPER. Bien plus, il estime qu'une pareille affirmation « part
d'un "status confessionis" éthique qui ne prend pas en compte ni n'accepte
la décision et l'action individuelle de l'être humain. (.) Le Conseil de la
FEPS s'oppose catégoriquement à ce que l'on empêche des personnes de
collaborer au Conseil de fondation d'une oeuvre d'entraide d'une Église
multitudiniste pour des raisons exclusivement liées à leur environnement
professionnel et idéologique». En rapport avec ce point, l'EPER rappelle de
plus que, en tant qu'organisation certifiée selon les normes du NPO-Code
(Code de bonne gouvernance des ONG suisses), il est clairement réglé qu'un
membre de Conseil doit se retirer s'il devait se trouver dans un conflit
d'intérêt.


L'EPER réitère sa volonté de dialogue avec les Églises membres et les
paroisses. Elle s'efforcera, sur la base de sa stratégie 2008-2012, de
rendre justice aux représentations variées du lien entre elle et les Églises
ainsi que de son orientation prophétique.

mardi 26 mai 2009

Stratégie de l'EPER


L’EPER s’engage pour un monde plus juste et plus humain. La dignité de chaque être humain est au cœur de son engagement. Cette dignité est à la base de la Déclaration universelle des Droits Humains et s’exprime entre autres dans les valeurs chrétiennes par l’amour du prochain. Ces deux dimensions constituent le fondement du travail de l’EPER.

Ce fondement implique un profond respect de l’EPER pour les êtres humains de toutes cultures et religions. C’est pourquoi l’EPER soutient les personnes dans le besoin indépendamment de leur appartenance culturelle ou religieuse. Notre œuvre d’entraide s’oriente dans son travail sur des objectifs tels que la justice, la paix et la sauvegarde de la création.

Les projets sont réalisés par l’intermédiaire et avec l’implication d’organisations partenaires locales. L’EPER promeut avec ces partenaires l’aide à soi-même. Ses interventions visent l’indépendance des personnes de toute aide extérieure et un aboutissement réussi des projets. C’est pour cette raison que la proximité et la collaboration avec la population sont importantes pour la conception et la mise en œuvre des programmes et des projets.

Les Églises membres de la Fédération des Églises Protestantes de Suisse (FEPS) constituent la base de l’EPER et sont pour elle d’importants partenaires. Notre œuvre d’entraide s’appuie sur la collaboration avec les paroisses et les centres cantonaux Terre Nouvelle ainsi qu’avec d’autres groupements ecclésiaux.

L’EPER agit sur mandat des Églises réformées de Suisse. Celles-ci fixent le cadre de ses domaines d’intervention :


Le développement des communautés rurales, la promotion de la paix et la transformation des conflits sont les thèmes prioritaires pour le travail à l’étranger. En Suisse, le travail est centré sur l’intégration sociale, le plaidoyer pour les requérants d’asile et les personnes socialement défavorisée

http://www.heks.ch/fileadmin/user_upload/domain1/6_ueber_uns/pdf/Strategie_de_l__EPER_2008-2012.pdf


lundi 16 mars 2009

EPER: controverse autour de Nestlé

La nomination, l’été dernier, du directeur général de Nestlé Suisse,
M. Roland Decorvet, comme membre du Conseil de fondation
de l’Entraide protestante (EPER) suscite la controverse. Une pétition
«pour une EPER politiquement engagée et prophétique» a
été lancée et un groupe romand, baptisé «EPER-quo vadis?», a publié
une brochure sur les enjeux éthiques de cette nomination. Ce
groupe comprend les théologiens Pierre Bühler et Henry Mottu, les
pasteurs retraités Pierre Herold, Olivier Labarthe et Pierre Strauss
(ancien secrétaire romand de l’EPER), ainsi que Catherine Herold
et Boudewyn Sjollema. Nous présentons ci-dessous un résumé
succinct de cette brochure dont on trouvera le texte intégral, ainsi
que la pétition, sur le site www.eper-quo-vadis.ch. Nous tenons
d’autant plus à attirer l’attention de nos lecteurs sur cette question
qu’elle porte, au-delà de la présente controverse, sur la nature
de la relation entre celui qui aide et celui qui est aidé et peut donc
tous nous concerner, ne serait-ce qu’en tant que donateurs.
Les responsables de l’EPER justifient l’engagement de M. Decorvet
par ses convictions religieuses et ses compétences en matière de gestion
financière. «Cela suffit-il?», demandent les auteurs de la brochure. «M.
Decorvet ne représente-t-il pas forcément aussi certaines pratiques,
certaines stratégies, certaines finalités liées à l’entreprise Nestlé?»
Il a été fait mention de l’expérience de M. Decorvet dans l’hémisphère
sud et de son engagement dans des oeuvres de charité. «Charité
n’est pas justice», lit-on encore dans cette brochure. L’effort de justice
que mène l’EPER «pourra créer des situations conflictuelles avec les
finalités de profit de Nestlé».
Dévoiler les racines de la pauvreté
Certaines déclarations de M. Decorvet suscitent l’inquiétude.
Notamment quand il a présenté Nestlé comme «la meilleure organisation
d’aide au développement qui soit» (il s’est partiellement
rétracté sur ce point). Ou quand il a rejeté tout droit d’ingérence des
Églises dans les questions politiques ou économiques.
Un document de l’EPER sur sa «stratégie» renforce cette inquiétude.
Il stipule que «des coopérations avec l’économie, basées sur
des critères précis, doivent être initiées ». Les auteurs de la brochure
concèdent que le souci de la rentabilité et de l’effi cacité, la recherche
de ressources financières ne sont pas illégitimes, mais posent
la question de la hiérarchie entre intérêts économiques et valeurs
éthiques.
Ils ajoutent qu’il ne suffit pas de collecter des fonds de manière efficace.
«Il faut aussi comprendre les mécanismes de la pauvreté, dévoiler
leurs racines dans les structures de pouvoir de notre monde actuel.»
Profit et éthique
Certes, admettent ces auteurs, Nestlé n’est pas dépourvu de
valeurs éthiques, mais, selon eux, ces valeurs sont, hiérarchiquement,
au service des intérêts économiques et ne «résistent pas toujours
aux impératifs du profit». Ils font état, à ce propos, des conflits
entre la multinationale et des syndicats en Colombie ou des grévistes
aux Philippines. Ou encore de l’infiltration d’un agent de Securitas
dans un groupe d’Attac...
Pour Nestlé, l’objectif à long terme consiste à créer de la valeur
pour ses actionnaires. Même si la multinationale a la conviction
qu’elle contribue à atténuer l’extrêmepauvreté et la faim, il y a
ainsi incompatibilité entre sa finalité et celle de l’EPER. Cela apparaît
notamment dans la relation entretenue entre l’une et l’autre institution
et les populations rurales du Sud. Pour l’EPER, ces populations
sont des partenaires soutenus dans la conquête de leurs droits, notamment
par une action politique. Pour Nestlé, ce sont avant tout des producteurs
et des consommateurs.
Le risque d’aggraverles famines
Se basant sur le rapport d’un groupe d’experts, les auteurs de la
brochure soulignent que les méthodes de l’industrie agro-alimentaire
ne présentent aucune solution durable, car elles menacent l’environnement
et risquent d’aggraver les famines. «Le mécanisme d’appauvrissement
des populations de l’hémisphère sud se trouve renforcé
par les macro-stratégies de lutte contre la pauvreté des multinationales
», écrivent-ils.
Ils prennent encore l’exemple de l’accès à l’eau potable pour
«concrétiser l’incompatibilité entre les deux institutions». En 2005,
les Églises de Suisse et du Brésil ont signé une «Déclaration oecuménique
sur l’eau comme droit de l’homme et bien public». Une
déclaration qui exhorte les Églises et les oeuvres d’entraide «à combattre
la tendance à la privatisation » de l’eau. Or Nestlé pratique
cette privatisation…
«Les deux mondes représentés par la grande multinationale
et la petite oeuvre d’entraide ne nous paraissent pas conciliables,
concluent les auteurs de la brochure. M. Decorvet (…) sera constamment
pris dans des conflits de loyauté qui gêneront le travail de
l’oeuvre d’entraide».•
Michel Bavarel
*Ce débat, au fond nullement
nouveau, ne se limite pas à la seule
EPER. Sommairement, j’en exprimerais
ainsi l’enjeu: la mission de
nos oeuvres d’entraide consiste-telle
à récolter un maximum d’argent
afi n d’offrir, sans trop bousculer
l’ordre établi, une assistance
aux moins favorisés ou aussi, sinon
surtout, à accompagner ces moins
favorisés dans leur résistance à un
ordre qui les opprime et dans leur
lutte pour moins d’injustice?

Au service de qui?

Lu dans le journal de février de la COTMEC

Le conseiller national Claude Ruey est monté au
créneau pour défendre l’Entraide protestante suisse
(EPER) dont il est le président. Non, celle-ci n’est
pas en train de se fourvoyer, ni de changer de cap1.
La nomination de M. Roland Decorvet, directeur
général de Nestlé Suisse, à son Conseil de fondation
ne remet en cause ni son orientation ni son action.
Et le profil du nouveau membre de ce Conseil est
parfaitement adéquat.
Cependant, quand M. Ruey décrit M. Decorvet, on
a plutôt l’impression qu’il nous parle de lui-même:
un protestant aux convictions claires et indépendant
d’esprit. Il y a une forte tradition en Suisse:
des personnalités des milieux politique et économique
sont présentes dans les Conseils de fondation
de diverses organisations d’entraide. Leur aura
personnelle est un gage de fiabilité et leur présence
assure une certaine visibilité. Jusqu’à présent,
il existait des règles implicites dans ce contrat: les
membres d’un Conseil de fondation s’engagent à
titre personnel et sont priés de ne pas «mélanger
les casquettes», de ne pas confondre les intérêts de
tel ou tel parti ou de telle ou telle entreprise avec
ceux de l’oeuvre d’entraide.
Ce principe pourrait être mis à mal par l’intérêt
croissant que porte l’économie privée, et particulièrement
les grandes entreprises, à ce que l’on appelle
le monde de la philanthropie. Créer une fondation
est du dernier chic et il arrive que des projets
d’aide au développement soient élaborés dans le
département «marketing» d’une multinationale
(quand, par exemple, une marque d’eau minérale
essaie de nous convaincre qu’en achetant ses bouteilles
on facilitera l’accès à l’eau potable dans les
pays du Sud...). Dans ce cas, il ne s’agit plus de s’engager,
ni de donner, mais plutôt d’utiliser et de tirer
parti. Les déclarations de M. Decorvet –interviewé
en tant que membre du Conseil de fondation de
l’EPER– à propos de «l’action humanitaire» de Nestlé,
sont à ce titre fort significatives. Or, ce risque
d’instrumentalisation ne guette pas seulement les
oeuvres d’entraide protestantes, loin de là.•
Virginie Estier dos Santos

lundi 9 mars 2009

Etude de 2005 d'Alliance Sud sur Pure Life au Pakistan


Kritik an «schleichendem Kurswechsel» bei HEKS

 sKritik an «schleichendem Kurswechsel» bei HEKS

Decorvets Wahl sorgt für Diskussionen
Decorvets Wahl sorgt beim HEKS für Diskussionen. Bild: Keystone

BERN. Die Wahl des Nestlé-Schweiz-Chefs Roland Decorvet in den HEKS-Stiftungsrat sorgt weiter für Zündstoff: Ein sechsköpfiges Komitee aus der Basis des Hilfswerks fordert eine Debatte über die künftige Ausrichtung des HEKS.

Es sei nämlich nicht so, dass erst mit der Wahl Decorvets ein Kurswechsel beim Hilfswerk der Evangelischen Kirchen der Schweiz (HEKS) eingesetzt hätte, sagte Jürg Liechti-Möri, Gründungsmitglied des «Komitee für ein politisch engagiertes und prophetisches HEKS» vor den Medien in Bern.

Die Wahl sei vielmehr ein Symptom eines schleichenden Kurswechsels, der leider schon sehr weit fortgeschritten sei. Um dem entgegenzuwirken, sei das Komitee gegründet worden.

Eine umstrittene Wahl
Um der erhofften Diskussion eine Grundlage zu geben, wurde die Studie «Ethische Aspekte einer umstrittenen Wahl» ausgearbeitet. Dieser Bericht umfasst eine Analyse der Wahl Decorvets und die damit einhergehenden Schwierigkeiten.

Es hätten verschiedene «Unvereinbarkeitsknoten» herausgearbeitet werden können, erklärte Komiteemitglied Pierre Bühler. So habe sich gezeigt, dass entgegen den Behauptungen des HEKS ein Engagement Decorvets nur als Privatperson unmöglich sei. Die Firma, in seinem Fall Nestlé, fliesse immer irgendwie ein.

Zielsetzungen unvereinbar
Weiter hätten sich klare Unvereinbarkeiten zwischen den Zielsetzungen des HEKS und jenen von Nestlé gezeigt - zum Beispiel beim Thema Trinkwasser. Die Studie gehe aber über den «Fall Decorvet» hinaus und sei als Anleitung für ähnliche Situationen gedacht.

Zudem hat das Komitee eine Petition ins Leben gerufen. Die «Petition für ein politisch engagiertes und prophetisches HEKS» sei klar für und nicht gegen das HEKS, strich Liechti-Möri hervor.

Aus http://www.tagblatt.ch/aktuell/schweiz/schweiz/Kritik-an-schleichendem-Kurswechsel-bei-HEKS;art622,1250909

lundi 23 février 2009

Entwicklungshilfe muss unabhängig bleiben

Zeit-Fragen
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Entwicklungshilfe muss unabhängig bleiben

sl. Seit Sommer 2008 sitzt Roland Decorvet, Generaldirektor von Nestlé Schweiz, im Stiftungsrat des Schweizerischen Evangelischen Hilfswerks HEKS. Diese Wahl hat landesweit breiten Protest ausgelöst, der bis heute anhält. 
Zu Recht, vertreten HEKS und Nestlé doch absolut gegensätzliche Interessen. Während Nestlé beispielsweise die Privatisierung von Wasser mit aller Kraft vorantreibt und durch seine aggressiven Geschäftspraktiken Bauern in grosse Bedrängnis bringt, setzt sich das HEKS explizit für das Recht auf Nahrung und den Zugang zu sauberem Trinkwasser ein. Während sich der Nahrungsmittelmulti in verschiedenen Ländern mit Vorwürfen konfrontiert sieht, Menschenrechte und das Arbeitsrecht mit Füssen zu treten, ermutigt das HEKS seit Jahren Arbeiter und Arbeiterinnen, Frauen- und Landarbeiterorganisationen, ihre Rechte einzufordern. 
Das Hilfswerk verliert durch diese unselige Allianz seine Unabhängigkeit und damit die Basis für eine nachhaltige Entwicklungszusammenarbeit. 
Nationalrätin Maya Graf charakterisiert den Vorgang treffend: «Die Doppelrolle des Nestlé-Direktors geht höchstens für Nestlé selber auf. Es kann sein ethisches Image mit dem kirchlichen Partner aufwerten und Einfluss dort gewinnen, wo die hartnäckigsten Kritiker ihrer multinationalen forschen Geschäftspolitik sind. Für HEKS, das angesehene kirchliche Hilfswerk, ist diese Wahl dagegen ein Problem. Für HEKS, das gegen die Wasserprivatisierung kämpft, das lokale bäuerliche Initiativen unterstützt und sich für bessere Arbeitsbedingungen just von Nestlé-Mitarbeitenden in Kolumbien einsetzt, wird die Handlungsfreiheit eingeschränkt. Hilfswerke müssen sich immer auch politisch äussern können. Sie dürfen nicht durch wirtschaftliche Giganten abhängig werden. Gerade christliche Kirchen sollten sich immer für die Bedürfnisse der Schwächsten einsetzen. Die Starken können sich selbst helfen.»
Um die Hilfsorganisation aus dem Zangengriff des Nahrungsmittelmultis zu befreien, wurde am 29. Januar eine Petition lanciert, die den Schweizerischen Evangelischen Kirchenbund und den HEKS-Stiftungsrat auffordert, sich für ein profiliertes HEKS einzusetzen, das die prophetische Tradition, die kirchliche Basis, das politische Engagement, die Kritik an der neoliberalen wirtschaftlichen Globalisierung und die Partnerschaft mit ähnlich orientierten Hilfswerken und NGOs in seiner Praxis ernst nimmt. Unter den über 50 Erstunterzeichnern aus der ganzen Schweiz befinden sich Theologinnen und Pfarrer wie Silvia Schroer, Denis Müller, Käthi La Roche oder Kurt Marti, prominente Politikerinnen wie die Basler Nationalrätin Maya Graf, die Genfer Ständerätin Liliane Maury Pasquier und der ehemalige Uno-Sonderberichterstatter für das Recht auf Nahrung Jean Ziegler. •


mercredi 11 février 2009

jeudi 5 février 2009

PRISE DE POSITION CONCERNANT LE "COMITÉ POUR UNE EPER POLITIQUEMENT ENGAGÉE ET PROPHÉTIQUE"


5 février 2009

    Nous apprenons avec intérêt qu'un "comité pour une EPER politiquement engagée et prophétique" a été lancé aujourd’hui lors d'une conférence de presse.

    Les responsables de l’EPER n’ont été ni impliqués dans ces projets, ni consultés. Nous ne connaissons donc ni les objectifs précis ni le programme des activités de ce "comité". Il s'agirait, semble-t-il, d'un groupement de particuliers qui aspire à ce que l’EPER soit plus proche de l'Eglise et à un renforcement de sa politique sociale et de sa politique de développement. Le "comité" affirme rechercher le dialogue avec l'EPER dans ces domaines. 

    Tout au long de ses 63 années d'existence, l'EPER a acquis des compétences avérées. Elle s'est spécialisée dans les projets de développement dans diverses régions du monde et s'engage au niveau social en Suisse. L'EPER est connue dans les milieux spécialisés pour sa collaboration avec des organisations de défense des personnes privées de leurs droits, victimes d'exclusion ou vivant dans la misère, ainsi que pour sa lutte pour le respect des droits de l'homme auxquels ces personnes peuvent légitimement prétendre. Du reste, l'EPER ne craint pas les prises de position politiques même controversées, que ce soit en Suisse ou dans les pays où elle intervient. Notre action en Suisse contre un renforcement des lois sur l'asile et sur les étrangers, notre participation à la campagne des sans-papiers « aucun enfant n’est illégal », notre défense du droit à la terre aux Philippines ou encore l'injonction au respect des obligations humanitaires sur place, pendant la guerre de Gaza, n'en sont que quelques exemples parmi les plus récents. 

    L'EPER œuvre au service des droits de l'homme dans plus de 40 pays et dans le cadre de 300 projets. Toujours très bien considérés dans les milieux spécialisés, les projets de l'EPER intègrent une collaboration avec près de 100 partenaires locaux qui bénéficient bien souvent d'une formation et d'un soutien de l'EPER pour leur travail politique. La plupart de ces partenaires sont des organisations religieuses. En Suisse comme à l'étranger, l'EPER est amenée à coopérer avec de nombreux partenaires, ecclésiatiques et non ecclésiatiques. L'EPER fait également partie de réseaux nationaux et internationaux comme l'OSAR (Organisation suisse d'aide aux réfugiés) Alliance Sud, Action by Churches Together (ACT) ou encore l'Ecumenical Advocacy Alliance (EEA), pour n'en citer que quelques-uns. Elle entretient aussi des partenariats étroits avec Pain pour le prochain, la Chaîne du Bonheur ou encore la DDC, ainsi qu'avec d'autres organisations suisses et internationales au sein de divers groupements. L'EPER est le bras diaconal des Eglises suisses dans le monde. 

    Dans ce contexte, l'EPER travaille sur la base de ses valeurs chrétiennes en partenariat permanent avec des centaines de paroisses et d'organes religieux, avec les Eglises nationales ou encore avec la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS). L’action de l’EPER clairement profilée sur la défense des droits humains ainsi que la proximité et le partenariat avec les Eglises sont au cœur de la nouvelle stratégie 2008-2012 de l'EPER. Les objectifs du "comité", selon ce que nous en savons, sont déjà ancrés depuis de longues années dans les compétences-clés de l'EPER. Cela ne changera pas à l'avenir.

    L'EPER ne se laissera instrumentaliser ni par des milieux politiques ou économiques, ni par d’autres groupes d'intérêts. Notre organisation ne se laissera pas transformer en ballon utilisé par certains groupements d'intérêts sur leur terrain de jeu. Nous regrettons que le "comité" ait refusé de nous exposer ses projets, ses objectifs et ses activités avant la conférence de presse. Le "comité" a préféré s'exprimer par le truchement des médias, au lieu de rechercher un dialogue direct. Ce n’est pas un bon point de départ pour un dialogue.

    L'EPER est toujours ouverte au dialogue et à l’échange direct. La proximité avec les Eglises, les partenaires, les personnes en difficulté et les donateurs passe par la dispute et le débat permanent avec ceux-ci. Cependant, au centre de notre travail et de notre engagement doivent figurer les centaines de milliers de personnes qui sont bénéficiaires de nos projets et tributaires de notre aide. L'année écoulée nous conforte dans cette voie. Nous avons emporté un soutien sensiblement plus fort, tant au sein des cercles ecclésiastiques que dans le public. Aussi, nous sommes convaincus que tous ceux qui se sentent vraiment concernés par l'action de l’EPER et par son engagement au service des personnes privées de leurs droits, victimes d'exclusion ou vivant dans la misère, continueront à nous aider.

     

    Cordialement

     

    Claude Ruey, Président du Conseil de fondation

     

    Philippe Bovey, Secrétaire romand

mardi 3 février 2009

L'Entraide protestante sous pression.


L'Entraide protestante sous pression.Claude Ruey est un peu surpris par ces critiques.[Keystone] 

Au sein du Conseil de fondation de l’organisation, des critiques s’élèvent contre la présence de Roland Décorvet, le directeur général de Nestlé Suisse. Le "Comité pour une EPER politiquement engagée et prophétique" craint que cette Entraide protestante ne perde son profil. Interview du président de l'EPER, le conseiller national libéral radical Claude Ruey.

Claude Ruey dans le Journal du Matin

Ecoutez le plaidoyer de Claude Ruey dans le Journal du Matin

Debatte über die künftige HEKS-Ausrichtung

Im Argauer regionalportal

Die Wahl des Nestlé-Schweiz-Chefs Roland Decorvet in den HEKS-Stiftungsrat sorgt weiter für Zündstoff: Ein sechsköpfiges Komitee aus der Basis des Hilfswerks fordert eine Debatte über die künftige Ausrichtung des HEKS.
Es sei nämlich nicht so, dass erst mit der Wahl Decorvets ein Kurswechsel beim Hilfswerk der Evangelischen Kirchen der Schweiz (HEKS) eingesetzt hätte, sagte Jürg Liechti-Möri, Gründungsmitglied des «Komitee für ein politisch engagiertes und prophetisches HEKS» vor den Medien in Bern.
Die Wahl sei vielmehr ein Symptom eines schleichenden Kurswechsels, der leider schon sehr weit fortgeschritten sei. Um dem entgegenzuwirken, sei das Komitee gegründet worden.

Um der erhofften Diskussion eine Grundlage zu geben, wurde die Studie «Ethische Aspekte einer umstrittenen Wahl» ausgearbeitet. Dieser Bericht umfasst eine Analyse der Wahl Decorvets und die damit einhergehenden Schwierigkeiten.

Es hätten verschiedene «Unvereinbarkeitsknoten» herausgearbeitet werden können, erklärte Komiteemitglied Pierre Bühler. So habe sich gezeigt, dass entgegen den Behauptungen des HEKS ein Engagement Decorvets nur als Privatperson unmöglich sei. Die Firma, in seinem Fall Nestlé, fliesse immer irgendwie ein.

Weiter hätten sich klare Unvereinbarkeiten zwischen den Zielsetzungen des HEKS und jenen von Nestlé gezeigt - zum Beispiel beim Thema Trinkwasser. Die Studie gehe aber über den «Fall Decorvet» hinaus und sei als Anleitung für ähnliche Situationen gedacht.

Zudem hat das Komitee eine Petition ins Leben gerufen. Die «Pedition für ein politisch engagiertes und prophetisches HEKS» sei klar für und nicht gegen das HEKS, strich Liechti-Möri hervor. (sda)

vendredi 30 janvier 2009

L'EPER sur Forum

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L'EPER accusée de devenir apolitique

2009.01.29

Une pétition a été lancée pour dénoncer le virage pris par L'Entraide protestante suisse (EPER), qui serait en train d'abandonner son profil théologique et prophétique, qui ne ferait plus assez de politique, intéressée par sa seule croissance. Ces accusations sévères sont relayées par une cinquantaine de personnalités dont la socialiste Liliane Maury-Pasquier ou le démocrate-chrétien Jacques Neyrinck. Ils fustigent notamment la nomination, au Conseil de fondation de l'EPER, du directeur général de Nestlé Suisse, Roland Decorvet. Interview de Philippe Bovay, secrétaire romand de l'EPER.

Conférence de presse du 29 janvier

Landlose Arbeiter in Indien erhalten vom Hilfswerk Unterstützung zum Erwerb eines eigenen Stücks Land.
Landlose Arbeiter in Indien erhalten vom Hilfswerk Unterstützung zum Erwerb eines eigenen Stücks Land. (zvg)

Die Wahl eines Nestlé-Managers in den Stiftungsrat des HEKS hat heftige Kritik ausgelöst. Nun weitet sich die Diskussion zu einer Grundsatzdebatte über das politische Engagement von Hilfswerken aus. Kirchenleute sammeln Unterschriften "für ein politisch engagiertes und prophetisches HEKS".

Nestlé-Schweiz-Chef Roland Decorvet ist in den Augen des Petitions-Komitees nicht Ursache, sondern Symptom eines Problems: Die Wahl sei Ausdruck eines schleichenden Kurswechsels beim Hilfswerk der Evangelischen Kirchen der Schweiz (HEKS), sagte Pfarrer Jürg Liechti-Möri an einer Medienkonferenz in Bern.

"Das einst theologisch und politisch profilierte Hilfswerk entwickelt sich schrittweise zu einem profillosen, einzig auf Wachstum fixierten Werk".

Mit der Petition, die sich an den Rat des Schweizerischen Evangelischen Kirchenbundes (SEK) und den HEKS-Stiftungsrat richtet, wollen die Kirchenleute eine Debatte über die künftige Ausrichtung des Hilfswerks auslösen.

Die Hauptforderungen: Das HEKS soll die strukturellen Ursachen von Armut und Ungerechtigkeit benennen. Es soll nicht nur Spenden sammeln, sondern auch zu sozialpolitischen und wirtschaftlichen Fragen öffentlich Stellung nehmen. Und bei Wahlen in den Stiftungsrat sollen Unvereinbarkeiten von Werten und Interessen streng berücksichtigt werden.

"Pflästerli"-Politik in Kolumbien

Dass das HEKS politische und ökonomische Zusammenhänge zunehmend ausblendet, zeigt sich nach Auffassung der Kritikerinnen und Kritiker nicht nur an den Leitsätzen des Hilfswerks, sondern auch an seiner Arbeit. Als Beispiel nennen sie den letzten Spendenaufruf des HEKS. Der Brief habe festgehalten, dass der Anbau von Monokulturen in Kolumbien immer wieder zu gewaltsamen Vertreibungen der Einheimischen führe.

Verschwiegen habe das HEKS, wer davon profitiere: Rund 30 multinationale Unternehmen, darunter auch Schweizer Firmen.

Das HEKS unterstützt im Konfliktgebiet in Kolumbien ein Internat, damit den Kindern gefährliche Fussmärsche erspart blieben. Dies sei - im Sinne von Soforthilfe - nicht falsch, sagte Ursula Dubois, Spezialistin für Corporate Social Responsibility bei der OeMe-Kommission der Stadt Bern.

Doch nachhaltige Entwicklung erfordere Strukturveränderungen, und dafür müsse sich ein Hilfswerk einsetzen. Alles andere sei "Pflästerli"-Politik.

Als weiteres Beispiel nannte Dubois die Abfüll-Fabriken von Coca Cola in Indien, die ganzen Landstrichen das Grundwasser entzögen. Wenn das HEKS die Ursachen des Wassermangels nicht bekämpfe, werde das landwirtschaftliche Bewässerungssystem, welches das Hilfswerk seit Jahren unterstütze, bald nutzlos sein.

"Die Qualität einer Hilfswerksstrategie misst sich an der Art, wie sie den globalen ökonomischen Bedingungen gerecht wird und diese in ihr Handeln einbezieht", hielt Dubois fest.

Analyse zum "Fall Decorvet"

Mit Roland Decorvet im Stiftungsrat dürfte sich nach Ansicht der Kritikerinnen und Kritiker die Tendenz zur Entpolitisierung des HEKS noch verstärken. Eine Gruppe um Theologieprofessor Pierre Bühler hat das Konfliktpotenzial analysiert und eine Studie mit dem Titel "Ethische Aspekte einer umstrittenen Wahl" vorgelegt, die auch als Hilfsmittel für Entscheide in anderen Institutionen dienen soll.

Auf Basis von theoretischen Überlegungen gelangen die Autoren zum Schluss, dass die Abgeordneten des SEK mit der Wahl eine "voreilige Entscheidung" getroffen haben. Auch wenn Decorvet von einem Engagement als Privatperson spreche, werde er sich fortwährend Loyalitätskonflikten ausgesetzt sehen, was für die Arbeit des Hilfswerks hinderlich sei.

Die Unterschriftensammlung für die Petition dauert bis Ende Mai. Zu den Erstunterzeichnenden gehören neben Theologinnen und Pfarrern die Genfer Ständerätin Liliane Maury Pasquier und die Baselbieter Nationalrätin Maya Graf. Im Juni sollen die Unterschriften übergeben werden. Roland Decorvet muss im laufenden Jahr von den Abgeordneten des SEK als Stiftungsrat bestätigt werden.

"Ein Zusammenschluss von Privatpersonen"

Das HEKS schreibt in einer Stellungnahme, es begrüsse - in vorläufiger Unkenntnis der Details - die Stossrichtung der Petition. "Das HEKS war, ist und bleibt ein prophetisches und politisch engagiertes Hilfswerk", hält es fest.

Beim Petitions-Komitee handle es sich offenbar um einen "Zusammenschluss von Privatpersonen". Es sei bedauerlich, dass diese nicht das direkte Gespräch gesucht hätten. Im übrigen verweist das HEKS auf das erfolgreiche Spendenjahr 2008.

Der Stiftungsratspräsident des HEKS, der liberale Waadtländer Nationalrat Claude Ruey, hatte sich zu einem früheren Zeitpunkt für Veränderungen beim HEKS ausgesprochen. In einem Interview hatte er gesagt, das evangelische Hilfswerk müsse aus dem "ökolo-sozialo-drittweltlerischen Ghetto" herausgeholt werden.

swissinfo und Charlotte Walser, InfoSüd