jeudi 8 octobre 2009
L’économie crée de la richesse!
L’économie produit de la pauvreté. C’est en substance ce qu’a déclaré M. Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat, lors d’une récente conférence de presse. C’est aussi ce qu’on appelle un propos de «café du commerce». Tout le monde hoche gravement de la tête en disant: «Ah oui, c’est vrai…»
Eh bien non, ce n’est pas vrai. L’économie produit de la richesse. Elle n’en produit peut-être pas toujours assez – mais la Suisse n’est pas le pays où l’on a le plus à se plaindre, n’est-ce pas? –, elle ne la répartit certes pas régulièrement – en l’occurrence ce n’est pas son rôle! –, mais toujours est-il qu’elle produit bel et bien de la richesse. On ajoutera que l’économie privée produit davantage de richesse que l’économie planifiée et que, même si les choses ne sont pas toujours parfaites, tout le monde y gagne au moins quelque chose. Alors il faut arrêter de dire n’importe quoi.
L’économie est-elle seulement responsable du fait que chacun n’y trouve pas son bonheur? Là encore, il faut cesser de croire que l’économie constitue un système isolé mû par une catégorie particulière de personnes: l’économie n’est que la somme des efforts de nous tous, de ceux qui se sont donnés la peine de créer des entreprises, de ceux qui prennent la peine de les diriger et de ceux qui se donnent de la peine en y travaillant. Ceux qui veulent imputer des fautes – ou des charges financières – à «l’économie», comme si cette dernière représentait «les autres», n’ont décidément rien compris.
P.-G. Bieri
Domnique Bourg
Dominique Bourg
Dominique BOURG est professeur à l’Université de Lausanne (Institut des politiques territoriales et de l’environnement humain/Faculté des géosciences et de l’environnement) depuis le 1er septembre 2006. Il a été professeur à l’Université de technologie de Troyes et maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris de 1997 à 2006.
Il dirige avec Alain Papaux la collection « Développement durable et innovation institutionnelle » aux PUF ; il est membre du comité de rédaction ou d’orientation des revues Esprit , Risques et Ecologie et politique.
Il est ou a été membre de plusieurs commissions françaises : la CFDD, la Commission Coppens chargée de préparer la Charte de l’environnement désormais adossée à la Constitution française, le Conseil national du développement durable ; il a vice-présidé la commission 6 du Grenelle de l’environnement et le groupe d’études sur l’économie de fonctionnalité. Il a été membre du conseil scientifique de l’Ademe, participe au conseil scientifique de l’Institut de la Ville en mouvement et préside le conseil sociétal d’EDF. Il est membre du comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot et de l’Organe de prospective de l’Etat de Vaud.
Ses domaines de recherches sont la philosophie de l’environnement et du développement durable, l’évaluation des choix technologiques et des risques, le principe de précaution, le débat public et la démocratie participative.
mardi 6 octobre 2009
La droite populiste veut imposer une taxe sur le port du foulard
par un sondage TNS Nipo/RTL du 23 septembre. Il ne détient aujourd'hui que 9 sièges, mais pourrait battre à plate couture les chrétiens-démocrates au pouvoir, lors des législatives de 2011. Geert Wilders est en pleine ascension depuis qu'il est poursuivi en justice pour incitation à la haine, à cause de son film anti-islam, Fitna. Il a déjà annoncé qu'il ferait de son procès, qui s'ouvrira le 20 janvier, une tribune de campagne.
En attendant, il pose problème aux grands partis néerlandais, divisés sur la stratégie à adopter à son égard. Certains sont prêts à gouverner avec lui, d'autres préconisent au contraire un «cordon sanitaire» pour le tenir à l'écart. En attendant, la droite com-
me la gauche reprennent les thèmes de Wilders. Femke Halsema, dirigeante du parti écologiste Groenlinks et dernière avocate du multiculturalisme, a admis en août que l'islam lui posait problème. Quant au ministre travailliste de l'Intégration, Eberhard van der Laan, il s'apprête à interdire les mariages entre cousins germains. Son projet de loi vise à réduire le nombre de «mariées importées», 15 000 personnes, essentiellement des femmes, qui viennent chaque année du Maroc et de Turquie. Selon le ministre, cette endogamie nuit à l'intégration, mais aussi à la santé publique à cause des enfants handicapés issus des mariages consanguins. LIBÉRATION
